Jimi, son amant, son prophète, son ami a disparu, fauché en pleine jeunesse, emportant avec lui la vague créative, instinctive et rebelle des sixties et laissant la pauvre guitare aux mains des cruelles seventies bourrées de fric, de coke et de stades géants, de rock corrompu et de guitar heroes fadasses.
Après la mort de Jimi Hendrix, la guitare électrique se sentit soudain perdue, désespérée à l'idée que plus personne ne lui mettrait le feu avec autant de fougue, ne lui mordra les cordes avec une telle ferveur, n'inventera grâce à elle autant d'accords renversants, de rythmes percutants, de distorsions de sons aussi extatiques et sous influences wah wah, de solos tellement excitants que même encore aujourd'hui sous d'autres doigts, la guitare en rugit de bonheur.
Oui, le seul, l'unique héros de l'histoire du rock pour cette chère guitare électrique restera pour toujours Jimi Hendrix, parti trop tôt, ou peut-être parti à temps... « 'Scuse me while I kiss the sky»...

